mercredi 17 janvier 2018

Fausse route identitaire
Le problème n’est pas la Burka, c’est le GAFA
(Quelques réflexions en cette année électorale au Québec)

Au cours de la dernière décennie, elles ont été rares les semaines où dans le discours public on n’a pas parlé de la "grande influence" des religions sur nos vies, en particulier celle de la religion musulmane. Le Québec ne fait pas bande à part à cet égard. Ailleurs en Europe, la peur de cette inconnue religieuse a mené à des combats dits « identitaires » et malheureusement à des dérives racistes. Il faut dire que les attentats terroristes commis au nom d’Allah (Charlie Hebdo, Bataclan et Nice) ont aussi heurté de plein fouet nos sociétés. Le Canada n’a pas été épargné lors d’actes terroristes commis, eux aussi, au nom d’Allah à Ottawa et à St-Jean-sur-Richelieu.  Et puis, il y a eu cet acte ignoble commis par Alexandre Bissonnette à la Mosquée de Québec. Six personnes tuées et plusieurs autres blessées. Cela fera un an le 29 janvier.
Ces événements ont largement occupé l’espace public depuis 2007, année où « accommodements raisonnables »  est devenue une expression consacrée dans notre vocabulaire de tous les jours. Ils ont aussi fortement teinté les débats sur l’identité québécoise repris en chœur par les médias et leurs chroniqueurs. Ces derniers sont généralement trop en mode réaction, pas assez en mode réflexion. Ainsi, on réagit aussitôt qu’un port de vêtements et de tissus entrerait en conflit avec les valeurs dites « québécoises ». Trop peu de réflexion.
Tout ça est déplorable. On a parfois l’impression de faire du surplace depuis la crise des « accommodements raisonnables ». On se rappelle en 2007 de la publication de ce décourageant code de conduite d’Hérouxville, suivi par la création de la Commission Bouchard-Taylor. Cette dernière accoucha de nombreuses conclusions qui figurent en bonne place sur les tablettes.
Dix ans plus tard, le niqab, la burqa, le kirpan, le turban sikh, la kippa, tous à leur manière, menaceraient l’identité des Québécois et Québécoises francophones, s'il fallait en croire certains. Ces symboles sont devenus l’obsession d’une population déjà insécurisée sur son avenir.
Notre culture et notre langue seraient menacées.
Or, c’est bien vrai qu’elles sont en danger, mais si elles le sont, la menace provient d’ailleurs que dans la tenue vestimentaire proposée ou imposée par certaines religions. Car on fait abstraction des sérieux défis auxquels la société québécoise est confrontée pour assurer la pérennité de la langue et de la culture francophone.

Le facteur identitaire au Québec 
Soyons clairs : il est légitime de vouloir protéger ce qu’on peut qualifier d’ « aventure francophone en Amérique du Nord anglo-saxonne » au nom de ceux et celles qui l’ont façonnée avant nous. C’est notre héritage, notre choix de vie comme société. Notre Histoire, c'est celle des « Canadiens » comme on appelait les francophones au lendemain de la conquête de la Nouvelle-France par l’Angleterre, qui ont courageusement lutté pour leurs droits, notamment en faveur de leur droit à la représentation démocratique. Certains y ont même laissé leurs vies, comme ces douze insurgés pendus par les autorités britanniques en 1838 et 1839. D’autres ont été exilés. Les Patriotes du Bas-Canada ont lutté pour préserver leur langue, leur culture et le droit d’obtenir un gouvernement représentatif et une fonction publique responsable pouvant fonctionner en français. En 1867, le Canada a été créé en laissant trop peu de place à cette langue et à cette culture. Les années ont passé et depuis 1960, l’État québécois moderne assume ses responsabilités comme protecteur de cet héritage culturel.
À certains égards, la survie de la francophonie en Amérique du Nord anglo-saxonne depuis plus de 250 ans tient du « miracle »,  pourraient dire ceux et celles qui y croient. Pour ma part, je considère que cette survie provient de la détermination et du courage d’une population qui a su résister, établir son pouvoir politique et légiférer afin de protéger cette langue et cette culture. La nôtre.
Mais la vitalité de l’héritage culturel francophone reste fragile. Cela est préoccupant à juste titre.
Et s’il est légitime de vouloir poursuivre cette aventure francophone malgré cette mer anglo-saxonne qui submerge l’Amérique, ça ne doit en aucun temps excuser ou tolérer le racisme et la discrimination. Car il y a malheureusement trop de propos et d’attitudes racistes dans le débat sur l’avenir du Québec. Pensons seulement à la dérive contre les musulmans qui a suivi les accusations non fondées par ce reportage diffusé par TVA en décembre dernier. TVA a été obligé de s'excuser. Et en ce qui me concerne, je n’accepterai jamais que parler d’identité au Québec soit réactionnaire.

Ne pas faire fausse route

En cette année électorale, les débats identitaires menés par la plupart des partis politiques ne mènent malheureusement nulle part. On se trompe de cibles. Il ne s’agit pas de banaliser la critique pertinente des aspects rétrogrades des religions. Le port de la burqa en est certainement un. L'absence d'égalité véritable pour les femmes au sein de toutes les religions, également.
Mais notre culture et notre langue sont actuellement davantage menacées par le GAFA que par la burqa. C’est la puissance des géants du GAFA, Google, Apple, Facebook, et Autres géants du web (Amazon, Netflix, Spotify) et l’imposition de leurs contenus culturels américains qui menacent profondément notre identité francophone. C'est l'éléphant dans la pièce. Tous en chœur, ils rétrécissent l’espace occupée au Québec par la langue et la culture française.  Plus que jamais, on en fait une langue de minoritaires (voire de perdants), comme si seule la langue anglaise constituait celle des « gagnants » en Amérique du Nord.

Comment établissent-ils leur hégémonie ?

Faisons un tour d'horizon.

Google, le moteur de recherche le plus important (52% des recherches internet des Québécois) engrange les profits et les recettes publicitaires. Google est aussi propriétaire de You Tube, ce carrefour des millennials, les personnes nées entre 1980 et l'an 2000 qui regardent 11,3 heures de vidéos en ligne sur You Tube par semaine dont 10,8 heures de contenus issus d'abonnements. Facebook et le géant Google accaparent 70% des revenus publicitaires en ligne, ce qui en laisse trop peu pour assurer la survie de nos médias nationaux. Dans ces circonstances, même l’avenir de La Presse+ n’est pas assuré. En novembre dernier, un des actionnaires de Power Corporation, Graeme Roustan, a même invité la famille Desmarais à songer à se départir de La Presse parce qu’on y perdait trop d’argent. [1]

Netflix, est aujourd’hui la plateforme la plus populaire pour faire l’écoute de télé séries et de films, avec 33% des abonnés devant Illico (19 %) et Tou.tv (4%)[2]. En outre, le Canada arrive au deuxième rang parmi les pays comptant le plus d’utilisateurs se connectant sur une base quotidienne sur Netflix.[3] Or, Netflix marginalise la culture cinématographique québécoise. Bonne chance lorsque vient le temps de découvrir les télé séries et les films produits par nos créateurs/créatrices et notre industrie du cinéma. Retombée néfaste additionnelle pour les artistes québécois, le catalogue de télé séries et de films en français est constitué de traductions, réalisées en France, de productions américaines. Autre danger en vue, You Tube (propriété de Google) a créé aux États-Unis un service d’abonnement à des chaînes de télévision pour 35$ par mois. Ce service, à nos portes, constitue une menace pour nos entreprises de distribution par câble et par satellite.

Spotify domine actuellement l’univers du téléchargement de musique avec 60 millions d’abonnés. La compétition s’annonce féroce avec le géant Apple Music qui a atteint 27 millions d’internautes. Le Devoir [4] nous apprenait que "La concurrence s’est encore renforcée depuis deux ans avec l’arrivée de You Tube en novembre 2015 et d’Amazon Music Unlimited en octobre 2016". Tous ces fournisseurs en ligne de chansons et de musique sont eux aussi en train d’éliminer notre création francophone de leurs catalogues au profit de la chanson anglo-saxonne. Dans sa revue « top list » de 2017 publiée le 12 décembre, Spotify n’a répertorié aucune chanson francophone au Canada. Ces fournisseurs en ligne vont même jusqu’à spolier nos artistes. Lorsque, par exemple, la très populaire chanson, Paradise City, se voit accorder moins de 30$ en droits à son auteur Jean Leloup malgré plus de 500,000 écoutes sur Spotify, on peut véritablement parler de "marginalisation" de la chanson francophone par ces puissances du web[5].  Pour sa part, le populaire chanteur Pierre Lapointe dénonçait Spotify à son tour en décembre dernier. Malgré un million d'écoutes de sa chanson "Je déteste la vie", il a précisé qu'il n'avait reçu alors qu'un dérisoire chèque de 600$. [6]
Ça prend un million de « streams » pour générer 4000$ de revenus,  nous apprend l’ADISQ dans son mémoire déposé au CRTC en décembre 2017. L'ADISQ précise que « le Québec ne dispose d’aucune donnée fiable quant aux parts occupées par les produits québécois sur les services de streaming. Il s’agit d’une situation déplorable qui échappe à notre contrôle. Les plateformes étrangères ne fournissent pas, actuellement, de données ventilées par province –autre démonstration de l’opacité qui les caractérise. La performance des artistes québécois, dont, pour des raisons linguistiques évidentes, le public se trouve avant tout au Québec, est par conséquent impossible à mesurer. » [7] La seule conclusion est que les créations francophones sont submergées dans un océan anglo-saxon de 30 millions de chansons. Les fournisseurs en ligne de chansons n’offrent même pas ces propositions très prisées de "listes" de sélection lorsqu’il s’agit des meilleures chansons francophones. Comment pouvons-nous alors espérer découvrir les meilleures d’entre elles ?

Dans un autre domaine, le géant Amazon s’était au départ chargé de bousculer l’écosystème de l’industrie du livre au Québec en ayant recours à des pratiques de concurrence déloyale. La Commission du livre de la Société de développement des entreprises culturelles du Québec écrivait déjà dans un mémoire en août 2013, « En pratiquant des rabais importants sur les prix de vente, souvent à perte, que ni les éditeurs, distributeurs ou libraires ne seraient en mesure de consentir, ces grands agrégateurs pourraient facilement s’accaparer la globalité du marché du livre numérique au Québec et ainsi constituer une menace à l’existence même des librairies, surtout des librairies indépendantes. »[8] On l’a mentionné plus tôt, Amazon se lance lui aussi dans le téléchargement de musique et le cinéma. Aujourd’hui, plus que tout, Amazon bouscule sur son passage tout l’écosystème de la vente au détail au Québec. Amazon est en effet devenu la plateforme la plus importante de transactions en ligne pour le commerce de détail au Québec. Selon les données du Centre facilitant la recherche et l’innovation dans les organisations (CEFRIO) Amazon domine avec 22% des transactions totales enregistrées en ligne de janvier à juin 2017.[9] De plus, un sondage Altus pour le Conseil québécois du commerce de détail (CQCD), publié le 4 décembre dernier, précise que les Québécois achètent plus sur Amazon avec 55% que sur les sites de détaillants de chez nous (43%).

Autre réalité, depuis dix ans : 71% des Canadiens francophones de moins de 35 ans et 55% tous âges confondus se tournent vers Facebook comme porte d'entrée vers l'information, selon le Digital News report Canada 2017. [10].  
Le géant du web prétend offrir la visibilité aux textes et reportages des journalistes des médias nationaux, mais s’approprie du même coup des revenus publicitaires. Cela constitue la plus importante menace à l’existence même du modèle d’affaire de nos médias nationaux depuis qu’à eux seuls, Facebook et Google accaparent 70% des revenus de la publicité numérique ! (À ce sujet, lire Le miroir éclaté, publié par le Forum des politiques publiques en janvier 2017[11])

Par conséquent, il ne reste que des miettes pour les médias d’ici. À cet égard, la lettre, « La presse écrite en péril »,  envoyée en novembre dernier à la ministre de Patrimoine Canada, Mélanie Joly, constituait un puissant cri d’alarme, car il y a bel et bien péril en la demeure.[12] 43% des emplois du secteur des médias ont été perdus entre 2009 et 2015 ! Il n’est pas exclu que nous assistions à la disparition prochaine de certains quotidiens tant le modèle d’affaires est culbuté par les géants Facebook et Google. Même le gouvernement canadien précipite ce déclin de la presse écrite en favorisant Facebook pour y placer sa publicité gouvernementale.[13]
Il nous faut donc mener une offensive pour sauver les médias de toutes les tailles au pays, et soutenir ainsi la diversité des sources d’information rigoureuses pour le public. Par son emprise sur le web, Facebook est en train de gagner la guerre de l’information …et de la désinformation au détriment des médias nationaux.

Un autre déclin pour les francophones dans le domaine culturel survient lorsque les algorithmes de Facebook privilégient continuellement les contenus culturels américains sur sa plateforme, au détriment de la culture distincte francophone.
Notre culture a beau être d’excellente qualité, elle ne fait pas le poids dans l’écosystème des superpuissances du web. Ces dernières sont sur le point d’imposer leur hégémonie culturelle sur les jeunes générations.
À n’en pas douter, la langue, la culture et l’information en français sont menacées par les superpuissances du web.

Le comble, c’est que ces superpuissances du numérique font même fi des règles du jeu établies par l’État sur le territoire national du Québec. Elles cherchent ainsi à éviter de payer des taxes et des impôts.[14]  Elles ne contribuent pas non plus au financement de la production culturelle au pays, comme les télé séries, via le Fonds des médias du Canada. 

Enfin, l’identité n’est pas que culture au sens strict car les superpuissances du web menacent l’existence même des entreprises québécoises. Pas d’équité pour les ILLICO, TOU.TV lorsque la ministre Mélanie Joly favorise plutôt Netflix. Pas d'équité non plus dans le commerce de détail pour les marques québécoises. Même Peter Simons, chef de l'entreprise Simons a mené son combat pour l’équité à l’Assemblée Nationale aux côtés d’un partenaire inattendu, Québec Solidaire. Du jamais vu!

Conclusion

Il n’existe à l’heure actuelle aucun espace protégé pour un peuple distinct dans cet univers numérique sans frontières dont les géants américains du web sont à peu près les seuls propriétaires.
Il est là, le principal et plus fondamental enjeu identitaire pour l’avenir du Québec français.
En cette année électorale au Québec, il est donc important d’avoir ce constat à l’esprit. C’est en quelque sorte un rappel à l’ordre à l'intention de tous les partis politiques pour qu’ils consacrent toute l'énergie nécessaire afin d'assurer la pérennité de notre langue et de notre culture. Or, cette défense de la culture et de la langue appartient à tous et à toutes. Tous les partis politiques devraient partager ce même objectif.
Cet enjeu devrait être inscrit dans tous les programmes politiques en vue de la prochaine campagne électorale. Nous pourrions les inviter à agir en conséquence. On devrait même leur accorder le droit de faire de la surenchère sur ce thème...
De la même manière, le débat démocratique ne saurait se passer de médias forts pour rendre compte de ces enjeux, de l’actualité et de la culture de notre société.

Dans ce combat, arrêtons de stigmatiser les nouveaux arrivants qui souhaitent s’intégrer à notre culture francophone. Pour ce faire, notre tâche est plutôt de rendre cette culture attrayante, de la rendre visible et présente dans la vie de tous les jours. Soutenons-la par des politiques publiques fortes. (Il faudrait aussi revenir à des programmes intensifs de francisation pour bien accueillir les nouveaux arrivants, comme ces cours de francisation offerts par les Centres d’orientation et de francisation des immigrants (COFI). Ils avaient été abolis en 2000 pour des raisons (à courte vue) de compressions budgétaires).

De plus, grâce à nos politiques en matière d’immigration, le Québec peut sélectionner les populations immigrantes provenant de pays où la langue et la culture française occupent une place importante. Ce sont nos alliés. Pas question donc, de les éloigner. Il faut plutôt les rallier à une langue et à une culture fortes.
Bien sûr, cela ne signifie pas d’ignorer les débats légitimes en faveur de l’égalité hommes-femmes dans la société ou celui de la laïcité de l’État. J'en suis. Pas question non plus de faire taire les critiques sur le port de la burqa. Ces débats font certainement partie de la discussion démocratique nécessaire dans toute société mature. Or, nous en sommes une.
L'objectif le plus fondamental est de mettre résolument cette immigration de notre côté, avec nous, pour enrichir notre héritage culturel destiné aux générations futures. C’est avec eux et avec elles que nous pourrons assurer la poursuite de cette grande aventure francophone dans une Amérique anglo-saxonne. Mais attention! Pour ce faire, l'État québécois doit assumer énergiquement ses responsabilités en faisant tous les efforts nécessaires au rayonnement de notre culture. Mettons-nous au travail !


Alain Saulnier est un ancien directeur général de l’information  à Radio-Canada (2006-2012), membre du conseil d’administration de Culture Montréal depuis 2012, et professeur invité au département de communication de l’Université de Montréal où il enseigne le journalisme.
Il a publié en 2014 Ici était Radio-Canada chez Boréal et Losing our voice, Radio-Canada under siege chez Dundurn Press en 2015




[1] www.journaldemontreal.com/2017/11/10/les-autres-filiales-dont-la-presse-coutent-cher-a-power
[3] www.ledevoir.com/culture/television/515210/140-millions-d-heures-ecoutees-sur-netflix-chaque-jour-en-2017
[6] http://www.journaldequebec.com/2017/12/13/quel-avenir-pour-lalbum 
[7] Intervention déposée par l’ADISQ en réponse l’Avis de consultation CRTC 2017-359 : Appel aux observations sur la demande du gouverneur en conseil de faire rapport sur les modèles de distribution de programmation de l’avenir. 1er décembre 2017
 Mémoire de la Commission du livre de la Société de développement des entreprises culturelles du Québec présenté à la Commission de la culture et de l’éducation, http://www.sodec.gouv.qc.ca/wp-content/uploads/2016/06/memoirereglementationprixlivre.pdf

[8] http://www.infopresse.com/article/2017/9/25/40-des-adultes-quebecois-achetent-en-ligne-tous-les-mois
[9] www.ppforum.ca/fr/publications/le-miroir-%C3%A9clat%C3%A9-nouvelles-d%C3%A9mocratie-et-confiance-dans-l%E2%80%99%C3%A8re-num%C3%A9rique
[10] http://www.digitalnewsreport.org/survey/2017/canada-2017/
[11]www.ppforum.ca/fr/publications/le-miroir-%C3%A9clat%C3%A9-nouvelles-d%C3%A9mocratie-et-confiance-dans-l%E2%80%99%C3%A8re-num%C3%A9rique
[12]http://www.ledevoir.com/societe/medias/513401/la-presse-ecrite-en-peril-le-gouvernement-trudeau-doit-agir
[13] http://affaires.lapresse.ca/economie/marketing-et-publicite/201612/12/01-5050771-depenses-publicitaires-ottawa-priorise-le-numerique.php
[14] http://www.ledevoir.com/culture/actualites-culturelles/508732/lexique-fiscal-de-la-culture-numerique



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